“Mauvaise Compagnie” par Anaïs Bourdet

Mauvaise Compagnie par Anaïs Bourdet

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Qu’est-ce que c’est ? Anaïs Bourdet, graphiste de son métier, propose à la vente (solidaire) tout un tas de goodies qui retourne l’insulte. On vous a déjà traité·e de féministe de merde, de salle conne, de mal baisée ? Réjouissez-vous, et portez-le fièrement.

Qu’est-ce qu’on y trouve ? Des affiches + des tote-bags + des badges + des porte-clés + des cartes postales + des stickers + des boîtes à mouchoirs + de la vaisselle…

Qu’est-ce que j’en pense ?

Anaïs Bourdet, c’est la femme (la star) (la reine) derrière le compte Tumblr Paye Ta Shnek (qui s’est déployé plus tard en page Facebook) qui pendant sept ans a été précurseur dans le renouveau du combat féministe du début du XXIème siècle. Elle y recensait des témoignages de harcèlement sexiste dans l’espace public, mais aussi d’agressions, de viols, d’incestes, de féminicides… et la montagne de contenu qu’elle recevait de la part des victimes était terrifiante — dans son contenu, et dans sa quantité (plus de 15 000). En plus de ces paroles de femmes harcelées qu’elle recevait chaque minute de chaque jour, Anaïs Bourdet recevait également des paroles de harceleurs : elle est elle-même devenue une femme victime de harcèlement, sur internet cette fois-ci, une victime de cyber-harcèlement. Épuisée par la lutte et par la violence misogyne, elle arrête le site en 2019. 

Mais c’est pour mieux renaître, sous une forme tout aussi originale et percutante : elle créé des goodies (badges, affiches, cahiers…) à partir des insultes reçues. Retourner le stigmate : un acte de défense devenu un classique dans la lutte féministe, qui vise à se réapproprier l’insulte et à en faire une fierté. Vous avez dit « sales connes » ? Qui n’a jamais rêvé de porter un pins avec les classiques « propagande misandre », « on ne peut plus rien dire », « hystérique radicale », « pétasse moraliste », « féministe de merde », « mal baisée », « pseudo féministe », « écoterroriste » ? Ou d’afficher en très grand chez soi les originales « moraliste de lendemain de cuite », « idiote utile », « dictature clitoridienne », « pétasse mondialiste », « hystérocrate radicalisée », « racaille cosmopolite », « smicarde et divorcée » ? On ne s’en lasse pas. Et — la classe ultime, — Anaïs Bourdet, qui fait ses affiches à la main dans son petit atelier marseillais et produit le tout en petite quantité, de manière locale, écologique et avec des prix accessibles, reverse une partie des bénéfices à des associations : le STRASS, SOS Méditerranée, le Planning familial… Une reine, je vous dis ! Alors précipitez-vous sur son site, achetez tout, faites des cadeaux, soyez fier·es ! Parce que, comme Anaïs Bourdet le dit très bien, la lutte, dans toute sa fureur mais aussi dans toute sa joie, continue : « Voilà le programme : bastonnade & rigolade. » 

Anaïs Bourdet © Margaïd Quioc.


Comment agir ? En vous rendant sur le site. Merci à Juliette de m’avoir fait découvrir cette initiative !


Fiche d’identité : Mauvaise compagnie par Anaïs Bourdet, depuis 2020.

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