“Pillow Talks” d’Amandine Vautrin
Pillow Talks d’Amandine Vautrin, La Cambre, Belgique, 2024.
Pillow Talks d’Amandine Vautrin
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Ça parle de quoi ? Luna vit des aventures avec des hommes, au mieux décevants, au pire violents.
On trouve quoi dans ce film ? Des violences ordinaires + des micro-agressions + un climat constant de peur + des douleurs physiques et psychiques + un magnifique arc-en-ciel de roses.
Qu’est-ce que j’en pense ?
Amandine Vautrin est encore étudiante à la Cambre, une école d’art et de design située à Bruxelles en Belgique, quand elle écrit, dessine et réalise le court-métrage Pillow Talks (en français : « conversation sur l’oreiller »). Le film est autobiographique : il raconte les expériences sensuelles et sexuelles de Luna, expériences qu’on qualifie communément de « sans lendemain » et qui pourtant laissent des traces indélébiles en elle. En effet, la jeune femme subit remarques sexistes, actes forcés, sévices psychologiques, menaces. Ces violences, Amandine Vautrin les a vécues, elle peut donc en parler en connaissance de cause : l’écriture du film en est d’autant plus juste, d’autant plus crédible. Et si un seul instant vous vous dites « oh non mais c’est un peu exagéré quand même » sachez que non, ça ne l’est pas, au contraire, c’est exactement ça. Parce que si Luna et Amandine ont vécu ces violences, je peux vous assurer que toutes les femmes y sont passées, y passent toujours, y passeront encore. Avec l’appui d’un dessin très fin et très beau, dans des scènes aussi jolies que cruelles, Amandine Vautrin propose avec Pillow Talks un déploiement cru et à vif des violences ordinaires subies par les femmes dans la chambre à coucher. Et le rose n’aura jamais été aussi brutal.
La fiche d’identité du film : Pillow Talks d’Amandine Vautrin, Belgique, 2024, 7 minutes.